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Saisie du journal "Le Témoin"

DECLARATION DES ORGANISATIONS DE LA PRESSE

- L'Association Nigérienne des Editeurs de la Presse Indépendante (ANEPI)
- Le Réseau des Journalistes pour les Droits de l'Homme (RJDH)
- L'Union des Journalistes du Privé Nigérien (UJPN)
- Le Syndicat des Travailleurs de la Presse Privée (SYNTRAPREP)

ont appris avec stupéfaction, la saisie de l'édition N° 99 de l'hebdomadaire privé "Le Témoin" alors que l'organe était sous les presses de la NIN. Ce fait a été commis le lundi 20 décembre 2004 par des fonctionnaires de police agissant sans une décision prononcée par une juridiction.
Aussi:
- considérant que les poursuites et la répression des infractions commises par voie de presse doivent être effectuées conformément aux dispositions de l'ordonnance portant régime de la liberté de presse au Niger ;
- notant que la saisie d'un journal, même à la requête du ministère public, est subordonnée à une ordonnance du président du tribunal après débat contradictoire entre les parties;
- relevant que le fait commis par la police contre l'hebdomadaire "Le Témoin" entre dans le champ de l'obéissance à un ordre manifestement illégal;
- Rappelant que le rôle du journaliste est de rechercher, de collecter, de traiter et de répandre une information saine et objective;
- Attendu que l'information que "Le Témoin" s'apprêtait à publier n'a d'autre but que celui de former l'opinion, et non de cautionner des activités d'hommes armés en marge de la loi;
- Soulignant que la publication de cette information appuyée d'images constitue un soulagement pour la communauté nationale en général, les familles des otages et les forces de sécurité en particulier, de savoir ces otages vivants;

Les organisations sus-mentionnées, tout en réaffirmant leur attachement à la constitution, au dialogue et à la culture de la paix, et donc leur opposition au recours à la violence par tout groupe d'hommes, que ces hommes soient "bandits ou rebelles;"
- 1 dénoncent et condamnent la saisie de l'hebdomadaire "Le Témoin" en tant qu'entrave à la diffusion de l'information;
- 2 protestent contre la propension de la police à obéir à des ordres manifestement illégaux ;
- 3 appellent les autorités élues à faire prévaloir le respect de l'Etat de droit et à s'employer d'urgence, en concertation avec les organisations représentatives des médias, à réviser les textes régissant le monde de la communication, pour les adapter aux normes de "nécessité démocratique."
- 4 exhortent les médias à ne pas céder à l'intimidation et au harcèlement, et à poursuivre leur mission d'informer, en veillant au respect de leurs devoirs spéciaux, de façon à conforter la liberté de la presse comme acquis irréversible, et rempart en dernier ressort contre toute forme de dérive autoritaire.

Fait à Niamey le 22 décembre 2004

Arrestation du Directeur du Groupe Alternative

Le Directeur du groupe de presse Alternative a été arrêté le 09 octobre 2003 par la police et incarcéré au Commissariat Central de Niamey.
Aux environs de 11 heures du matin, quatre policiers en tenue civile, munis d'une convocation, firent irruption au siège du Groupe Alternative et demandèrent de s'adresser au Directeur dudit Groupe, Monsieur Moussa Tchangari.
Alors absent des locaux du Groupe Alternative, les policiers décidèrent de l'y attendre.
Arrivé au bureau quelques instants après, Moussa Tchangari a été invité par les quatre policiers à les suivre au Commissariat Central de Police de Niamey, où il lui a été notifié les motifs de son interpellation. Ainsi, Moussa Tchangari s'est entendu reprocher par le Directeur de la Police de la Communauté Urbaine "d'avoir manipulé les étudiants à poser des actes troublant l'ordre public et portant gravement atteinte à des biens publics et privés". Sur ce, les mêmes agents de Police ont procédé à son incarcération.
La veille, c'est-à-dire le 08 octobre 2003, il y a eu des manifestations estudiantines à Niamey et les forces de l'ordre sont intervenues pour réprimer les étudiants. Plusieurs manifestants ont été blessés et un véhicule incendié.

Réaction des Organisations de la Société civile

Déclaration de Presse

Le 09 octobre 2003 aux environs de 11 heures du matin, quatre policiers en tenue civile munis d'une convocation, firent irruption au siège du Groupe Alternative et demandèrent à s'adresser au Directeur dudit Groupe, Monsieur Moussa Tchangari.

Alors absent des locaux du Groupe Alternative, les policiers décidèrent de l'y attendre, afin de lui remettre en mains propres ladite convocation qui ne souligne guère les raisons de leur présence impromptue.

Arrivé au bureau quelques instants après, Moussa Tchangari a été invité par les quatre policiers de les suivre au Commissariat Central de Police de Niamey, où il lui avait été notifié les motifs de son interpellation. Moussa Tchangari s'est entendu reprocher, par le Directeur de la Police de la Communauté Urbaine de Niamey, d'avoir poussé les étudiants à poser des actes troublant l'ordre public et portant gravement atteinte à des biens publics et privés . Sur ce, il fut procédé à son arrestation.

Pour rappel, les étudiants de l'université de Niamey ont organisé, le 08 octobre 2003, des manifestations à l'expiration d'un ultimatum de 48 heures qu'ils ont lancé au gouvernement.

Or, il doit être clair dans l'esprit étroit du Gouvernement du Niger que :

- Les vrais manipulateurs des Etudiants nigériens à l'université de Niamey ce sont ceux qui leur ont occasionné 30 mois d'arriérés de bourse au cours des quatre années de leur gestion ;

- Les vrais manipulateurs des étudiants ce sont ceux qui ont fermé pendant plus d'un an le campus universitaire et privatisé de manière éhontée le Centre National des Œuvres Universitaires (CNOU) au profit des commerçants proches des dignitaires du régime actuel, dont certains ambitionnent depuis belle lurette de prendre leur revanche politique sur le mouvement estudiantin, et d'autres de réaliser des bénéfices commerciaux y compris sur les cadavres des étudiants ;

- Les vrais manipulateurs des étudiants ce sont ceux-là qui ont courbé l'échine devant la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International en acceptant de réduire drastiquement et chaque année, le budget alloué à l'enseignement supérieur, au moment où le nombre des étudiants ne fait qu'augmenter ; ce qui a eu pour conséquence une détérioration de leurs conditions de vie et d'études ;

- Les vrais manipulateurs des étudiants ce sont les responsables de la 5ème République, eux qui ont brillé par leur démission face à la situation de misère et d'abandon total dans laquelle ils ont plongé les étudiants de l'université de Niamey ; eux qui n'ont cessé d' alimenter les crises scolaires par leur mépris vis à vis du mouvement estudiantin, et leur désengagement face aux problèmes sociaux du pays en général.

En tout état de cause, les organisations de la société civile nigérienne rappellent au Gouvernement de la 5ème République que la vieille chanson traditionnellement entonnée par tous les régimes qui se sont succédé depuis 1960, dont le seul refrain répète inlassablement que les étudiants sont manipulés par des hommes politiques, ne peut plus continuer à faire recette face au dénuement dans lequel végètent les étudiants.

Nous tenons aussi à souligner que le front estudiantin n'est qu'une goutte d'eau dans l'immensité de l'océan des problèmes que vivent les acteurs du secteur de l'enseignement public, que le même gouvernement traite avec désinvolture et irresponsabilité. En effet, tous les syndicats des enseignants et les unions des volontaires de l'éducation sont aujourd'hui engagés dans des mouvements de revendication autour de leurs problèmes, que les discours démagogiques et mensongers ne peuvent contribuer qu'à enflammer.

Convaincues au surplus que l'arrestation illégale et arbitraire du camarade Moussa Tchangari ne vise ni plus ni moins pour le Gouvernement qu'à jouer à la diversion en faisant en sorte que les vrais problèmes de l'école publique nigérienne soient déplacés sur un terrain autre que celui qui commande à l'Etat de leur trouver des solutions justes et durables.

Au regard de ce qui précède, Nous, Organisations de la société civile nigérienne réunies en séance extraordinaire ce vendredi 10 octobre 2003 :

1. Dénonçons et condamnons avec fermeté l'arrestation illégale et arbitraire de Moussa Tchangari, Directeur du Groupe Alternative .

2. Dénonçons et condamnons l'irresponsabilité du Gouvernement nigérien, son incapacité à faire face aux problèmes sociaux du pays, et surtout sa propension à chercher des boucs émissaires pour masquer sa démission.

3. Condamnons la dérive fasciste et autoritariste du régime en place.

4. Exigeons la libération immédiate et sans condition du Camarade Moussa Tchangari.

5. Tenons le Gouvernement pour responsable de son éventuel entêtement à le maintenir en détention sur la base d'allégations mensongères distillées à dessein pour se dédouaner de ses propres turpitudes.

6. Appelons toutes les organisations de la société civile nigérienne et toutes les forces démocratiques à se mobiliser pour faire échec à la politique désormais bien connue du Gouvernement qui consiste à étouffer toutes les voix qui dénoncent ses inconséquences et son irresponsabilité.

7. Prenons à témoin l'opinion nationale et internationale de tout pourrissement ultérieur de la situation ainsi créée par le Gouvernement.

Fait à Niamey, le 10 octobre 2003

Ont signé :

- ADIDE
- ALTERNATIVE ESPACES CITOYENS
- ANDDH
- CDSCN
- CDTN
- CROISADE
- MNDHP
- ONDPH
- RJDH
- RNDD
- UJPN
- UNAVES
- USN

Ampliations :

- Président de la République
- Président de l'Assemblée Nationale
- Premier Ministre
- Membres du Gouvernement
- Organisations Internationales de défense des Droits de l'Homme

Envoyer protestations aux adresses suivantes :

M. Tandja Mamadou, Président de la République
Fax : (227)73.34.30 ou 72.45.29

M. Hama Amadou, Premier ministre
Fax : (227)73.58.59

M. Maty Elhadji Moussa, Ministre de la justice, Garde des Sceaux
Fax : (227)72.37.77

Mme Aichatou Mindaoudou, Ministre des Affaires Etrangères
Fax : (227)73.52.31

Alerte/NIGER : Quinze (15) radios fermées par le Conseil supérieur de la Communication (CSC)

Le Conseil Supérieur de la Communication (CSC), organe de régulation des médias, a mis en exécution sa menace de fermer quinze radios privées et communautaires.
A Niamey, cette décision s'est traduite par la fermeture de la Radio Communautaire Alternative FM. Dans l'après-midi du 03 octobre 2003, quatre (4) agents de la police se sont introduits dans les locaux de cette radio pour fermer le studio et emporter les clés.
Le CSC a décidé de suspendre les autorisations d'émettre de quinze radios, pour "défaut de conformité à la réglementation en vigueur". Dans une décision en date du 25 septembre 2003, cet organe a intimé l'ordre aux promoteurs de ces radios de suspendre immédiatement leurs émissions. Il s'agit des radios suivantes :
- Radio Communautaire de Kornaka-Dakoro
- Radio Alternative FM de Niamey
- Radio Faham FM de Niamey
- Radio Communautaire de Mirriah
- Radio Horizon FM de Kollo
- Radio Horizon FM de Téra
- Radio Horizon FM de Tillabéry
- Radio Horizon FM de Dosso
- Radio Sahara FM de Agadez
- Radio Sahara FM de Arlit
- Radio Bitinkodji Fm de Niamey
- Radio Sarraounia FM de Madaoua
- Radio Madiana FM de Dirkou
- Radio Sarraounia FM de Tahoua
- Radio Markassiney de Lossa-Tillabéry
Le CSC précise dans sa décision que les autorisations dont ont bénéficié ces radios sont "nulles et de nul effet". Il faut préciser que ces autorisations ont été délivré en bonne et due forme par les différents responsables qui se sont succédés à la tête de cette institution.
Le CSC traverse une crise interne qui a abouti, le 12 septembre 2003, à la suspension de la Présidente, Madame Mariama Keita, par les autres membres. L'arrêté de suspension des quinze radio est signé par le Président par intérim, Maître Cissé Ibrahim.
Les radios concernées par la décision du CSC avaient refusé d'obtempérer à la décision de fermeture et ont continué à diffuser leurs programmes.
Les organisations professionnelles des médias ont rendu une déclaration, le 28 septembre 2003 pour demander aux promoteurs des radios de continuer leurs programmes.
Dans la matinée du 03 octobre 2003, le Président par intérim du CSC a indiqué, au cours d'une conférence de presse, que toutes les radios faisant l'objet de suspension seront fermées, au besoin en recourant à la force publique.

Alerte/NIGER : Un jounaliste incarcéré après avoir critiqué le régime

Le directeur de publication de l'hebdomadaire "L'Enquêteur", Ibrahim Souley, a été conduit à la prison centrale de Niamey depuis le 16 septembre 2003. Il lui est reproché d'avoir dénoncé des malversations dans l'attribution de marchés publics.

"Nous ne comprenons pas pourquoi les autorités nigériennes ont fait emprisonner ce journaliste. Il a seulement exercé son droit à informer la population et rien ne saurait justifier sa détention", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. L'organisation a demandé la libération immédiate du directeur de L'Enquêteur.

Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, Ibrahim Souley, ainsi que Soumana Maïga, fondateur de l'hebdomadaire, ont été interpellés par la police judiciaire le 13 septembre. Soumana Maïga a été libéré quelques heures plus tard. Ibrahim Souley est resté quarante-huit heures dans les locaux de la police judiciaire, sans droit de visite, avant d'être transféré à la prison de Niamey. La première audience du procès a été fixée au 7 octobre.

Le ministère public, à l'origine de la plainte, reproche la publication d'un article, dans le numéro 169 de L'Enquêteur, qui accusait le régime d'avoir contribué à l'enrichissement rapide de Djibo Zakou, un homme d'affaires connu au Niger. L'hebdomadaire faisait état du mécontentement d'investisseurs originaires de l'est du pays à propos de l'attribution "des marchés juteux" à Djibo Zakou, ressortissant de l'ouest nigérien.

RSF Afrique

Alerte/NIGER : Le Directeur du "Canard Déchaîné" condamné à 6 mois de prison ferme

Le Tribunal Régional de Niamey a condamné le 19 octobre 2001 Monsieur Abdoulaye Tiémogo, directeur de publication de l'hebdomadaire satirique "Le Canard déchaîné" à une peine de six (6)mois de prison ferme. Cette peine a été prononcée pour diffamation contre le Ministre du Développement agricole, Monsieur Boukary Wassalké qui a porté plainte contre le journaliste.
Dans son journal, Monsieur Tiéomogo a affirmé que le ministre faisait partie d'un groupe de personnalités qui ont bénéficié de sommes d'argent provenant des impôts illégalement collectés sur un site aurifère.
Après le prononcé du jugement, le journaliste, qui n'a pas bénéficié de l'assistance d'un avocat, a été immédiatement condamné à la prison civile de Niamey.
Monsieur Tiémogo avait déjà été condamné par le tribunal de Niamey pour "atteinte au moral de troupes", sur plainte du ministère de la Défense Nationale. Mais il avait fait appel de cette décision et l'affaire est actuellement pendante devant la Cour Suprême du Niger.

Envoyer protestations aux adresses suivantes :

M. Tandja Mamadou, Président de la République
Fax : (227)73.34.30 ou 72.45.29

M. Hama Amadou, Premier ministre
Fax : (227)73.58.59

M. Maty Elhadji Moussa, Ministre de la justice, Garde des Sceaux
Fax : (227)72.37.77

Mme Aichatou Mindaoudou, Ministre des Affaires Etrangères
Fax : (227)73.52.31

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