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03 mai 2005 :
Déclaration des organisations
du secteur des médias


Le 03 mai 2005 consacre la 15e Journée Internationale de la Liberté de la Presse. C'est l'occasion pour les organisations du secteur de faire l'état des lieux de la profession et dresser le bilan sur le respect de la liberté de la presse et d'expression. Cette année, les thèmes choisis sont "Les médias et la bonne gouvernance " et " La lutte contre l'impunité ", particulièrement en ce qui concerne les crimes et agressions perpétrés contre les journalistes. Des actes qui, malheureusement, atteignent chaque jour des journalistes dans leurs efforts à informer l'opinion de ce qui se passe.
Ainsi, en 2004, l'on a dénombré à travers le monde, 53 journalistes tués, 15 collaborateurs des médias tués, 907 interpellés, 1 146 agressés ou menacés et 622 médias censurés. Des chiffres alarmants et de surcroît largement supérieurs à ceux de 2003. C'est dire que les conditions d'exercice du métier de journaliste ne font que se dégrader.
En cette journée solennelle du 03 mai, notre pensée va à l'endroit de toutes ces victimes de l'incurie et de l'obscurantisme. Notre pensée va également à l'endroit de notre consœur Florence Aubenas, grand reporter au quotidien français Libération, et Hussein Hanoun Al-Saadi, son assistant, tous deux disparus en Irak depuis le 5 janvier 2005. Ils sont aujourd'hui à leur 118e jour de disparition. Tout comme nos 3 confrères roumains qui entament leur 36e jour de détention, toujours en Irak.
En Afrique, les élections sont devenues une source de préoccupation pour la sécurité des journalistes qui subissent, en cette circonstance, diverses exactions. Le triste exemple nous vient du Zimbabwe où des journalistes étrangers sont emprisonnés pour avoir tout simplement couvert un scrutin. La plus récente illustration de ce genre de brimade se trouve dans notre sous-région ouest-africaine, notamment au Togo, où les évènements qui ont suivi la disparition du Général Eyadema, le déroulement de la campagne électorale et les élections présidentielles du 24 avril 2005 ont donné lieu à de nombreuses violations du droit à l'information : fermeture d'organes de presse, agressions contre les journalistes. Les confrères togolais subissent des assauts aussi bien de la part de la majorité que de l'opposition. Et l'Autorité de Régulation de ce pays enfonce le clou, en procédant à son tour à la fermeture intempestive des organes de presse.
Pour ce qui est du Niger, l'année 2004 s'est caractérisée par une relative accalmie par rapport à l'année 2003. Toutefois, l'on a noté surtout des violences verbales contre des journalistes, ainsi que la saisie d'un hebdomadaire.
Au moment où nous célébrons la fête de la liberté de la presse, les journalistes attendent toujours la concrétisation des promesses faites par les autorités, notamment la dépénalisation des délits de presse et la libération effective du fonds d'aide à la presse. Ces mesures, une fois adoptées, contribueront, à coup sûr, à améliorer la pratique professionnelle ainsi que l'indépendance éditoriale des organes, car comme l'a dit la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), " il ne peut y avoir de liberté de presse quand les journalistes vivent des conditions de corruption, de pauvreté ou de peur ".


Fait à Niamey, le 02 mai 2005
Vive la liberté de la presse !

 

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